Un référentiel fournisseurs se dégrade souvent de manière progressive et silencieuse. Les fournisseurs changent de coordonnées bancaires, modifient leur adresse, restructurent leur organisation ou cessent leur activité. Dans de nombreuses entreprises, ces changements ne sont détectés qu’après un paiement rejeté, une tentative de fraude ou une migration ERP qui révèle des milliers de données obsolètes.
Choisir la bonne solution de nettoyage et de fiabilisation de la base fournisseurs permet de traiter ces risques de manière proactive, plutôt que de les découvrir au moment où leurs conséquences sont déjà visibles.
Ce guide présente les critères à prendre en compte pour évaluer une solution, les fonctionnalités indispensables, les différentes approches du marché et les étapes à suivre pour réussir un projet de fiabilisation des données fournisseurs. Il s’adresse notamment aux équipes Achats, Finance, Comptabilité fournisseurs, Master Data Management et Global Business Services.
À retenir
- Une base fournisseurs peut contenir des erreurs, des doublons, des informations incomplètes ou des données obsolètes.
- La mauvaise qualité des données fournisseurs peut entraîner des paiements en double, des rejets, des problèmes de rapprochement, des erreurs de reporting et une exposition accrue à la fraude.
- Un nettoyage ponctuel ne suffit pas toujours. Les données continuent d’évoluer après la mise à jour initiale du référentiel.
- Une solution complète doit associer profilage, validation externe, dédoublonnage, enrichissement, intégration aux outils métiers et surveillance continue.
- La vérification de l’appartenance des coordonnées bancaires au fournisseur est un contrôle essentiel pour réduire le risque de fraude au virement.
- Avant de choisir une solution, il est préférable de réaliser un audit initial, de définir des indicateurs de réussite et de tester la solution sur un périmètre représentatif.
Pourquoi nettoyer et fiabiliser sa base fournisseurs ?
La qualité des données fournisseurs se dégrade au fil du temps. Les entreprises ajoutent de nouveaux fournisseurs, modifient leurs informations et utilisent parfois plusieurs systèmes ou fichiers pour gérer les mêmes données.
Un fournisseur peut, par exemple :
- changer de compte bancaire ;
- modifier son adresse légale ;
- changer de raison sociale ;
- fusionner avec une autre entité ;
- fermer un établissement ;
- mettre à jour son numéro de TVA ou son identifiant légal ;
- être enregistré plusieurs fois dans le même ERP ;
- transmettre des informations différentes à plusieurs équipes.
Ces évolutions sont normales, mais elles deviennent problématiques lorsqu’elles ne sont pas détectées et partagées avec les équipes concernées.
Dans de nombreuses organisations, les données sont saisies lors de l’onboarding du fournisseur, puis rarement vérifiées. Les équipes Achats, Finance et Comptabilité fournisseurs peuvent également modifier les fiches de manière indépendante, sans disposer d’une source unique et fiable.
Le nettoyage d’une base fournisseurs ne doit donc pas être considéré comme une opération ponctuelle. Il doit s’inscrire dans une démarche plus large de gouvernance et de fiabilisation des données, avec des contrôles intégrés au processus Procure-to-Pay.
Une démarche efficace repose généralement sur trois étapes :
- nettoyer et corriger les données existantes ;
- contrôler les nouveaux fournisseurs et les demandes de modification avant leur intégration dans l’ERP ;
- surveiller les données dans la durée afin de détecter les changements importants.
Pour aller plus loin, consultez notre guide sur la manière de sécuriser sa base fournisseurs pour lutter contre la fraude.
Quels sont les coûts d’une mauvaise qualité des données fournisseurs ?
Avant de choisir une solution, il est utile d’identifier les risques auxquels l’entreprise est exposée. Une base incomplète ou obsolète peut avoir des conséquences financières, opérationnelles et réglementaires.
Les pertes financières
Une mauvaise qualité des données peut entraîner :
- des paiements en double lorsque le même fournisseur apparaît sous plusieurs fiches ;
- des paiements vers un compte bancaire frauduleux après une modification non vérifiée ;
- des rejets ou des retours de virement ;
- des erreurs dans les informations fiscales ou légales ;
- une perte de visibilité sur les dépenses et les fournisseurs réellement utilisés.
La validation des coordonnées bancaires est particulièrement importante. Un compte peut respecter un format valide sans appartenir au fournisseur déclaré. La vérification automatisée des RIB et des comptes bancaires permet de compléter les contrôles de format par une vérification de l’appartenance du compte au tiers concerné.
Les inefficacités opérationnelles
Les données fournisseurs inexactes ralentissent de nombreuses étapes du processus Procure-to-Pay :
- création et validation d’un nouveau fournisseur ;
- approbation des factures ;
- préparation des fichiers de paiement ;
- rapprochement comptable ;
- traitement des exceptions ;
- mise à jour des données dans plusieurs systèmes ;
- migration vers un nouvel ERP.
Les équipes doivent alors effectuer des recherches manuelles, rappeler les fournisseurs, comparer plusieurs documents et corriger les données dans différents outils.
Les risques de conformité
Une base fournisseurs mal tenue peut également compliquer :
- la vérification des identifiants légaux et fiscaux ;
- le filtrage des sanctions et listes de surveillance ;
- la traçabilité des modifications ;
- les contrôles internes ;
- les audits ;
- le respect des obligations applicables aux données personnelles.
Les exigences dépendent du pays, du secteur et du périmètre de l’entreprise. Il est donc préférable de parler de contribution à la conformité, de traçabilité et de réduction du risque, plutôt que de présenter une solution de nettoyage comme une garantie de conformité réglementaire.
Quelles fonctionnalités rechercher dans une solution de nettoyage de données fournisseurs ?
Le profilage des données
Tout projet de nettoyage devrait commencer par une photographie précise de l’état du référentiel.
Une bonne fonctionnalité de profilage doit pouvoir identifier :
- les champs obligatoires manquants ;
- les formats incohérents ;
- les données obsolètes ;
- les doublons potentiels ;
- les valeurs anormales ;
- les identifiants légaux incomplets ou invalides ;
- les coordonnées bancaires à vérifier ;
- les écarts entre plusieurs sources.
Le résultat doit prendre la forme d’un état des lieux mesurable. Il peut notamment préciser le taux d’erreur, le nombre de doublons, le taux de complétude et le volume de fiches nécessitant une intervention.
Cette base de référence permet ensuite de mesurer les progrès réalisés et de construire un dossier de décision ou de retour sur investissement.
La validation auprès de sources externes
Une solution avancée doit pouvoir comparer les données fournisseurs à des sources externes fiables, par exemple :
- registres légaux ;
- bases fiscales ;
- bases de TVA intracommunautaire ;
- sources bancaires ;
- listes de sanctions ;
- données de statut juridique ;
- sources spécialisées de données entreprises.
Selon le pays, les informations accessibles et les méthodes de contrôle peuvent varier. Il est donc important de demander au fournisseur quelles données sont réellement disponibles dans chaque zone géographique.
Les principaux contrôles à envisager sont les suivants :
- Données légales : raison sociale, identifiant, adresse enregistrée et statut de l’entreprise.
- Données fiscales : SIREN, SIRET, numéro de TVA intracommunautaire ou identifiants équivalents.
- Coordonnées bancaires : validité du compte, banque associée et appartenance du compte au fournisseur.
- Sanctions et listes de surveillance : contrôles adaptés aux pays et aux obligations applicables.
- Données de contact : adresse e-mail, domaine utilisé et cohérence avec le fournisseur déclaré.
Pour les entreprises françaises, la SIRETisation peut constituer une composante utile du nettoyage. Elle permet de rattacher un fournisseur à son identifiant officiel et d’enrichir la fiche avec des données légales fiables. Elle ne doit toutefois pas être considérée comme un synonyme du nettoyage de la base fournisseurs.
Le dédoublonnage
Les doublons peuvent apparaître lorsqu’un fournisseur est enregistré sous plusieurs raisons sociales, adresses ou identifiants.
Une solution de dédoublonnage efficace combine généralement :
- une comparaison exacte des identifiants, comme le SIREN, le SIRET, le numéro de TVA ou le DUNS ;
- une comparaison approchée des noms et des adresses ;
- la détection des abréviations et des variations d’écriture ;
- des règles de rapprochement configurables ;
- des règles de conservation d’une fiche de référence.
La solution doit également permettre de définir quelle fiche conserver lorsque plusieurs enregistrements correspondent au même fournisseur. Cette logique est souvent appelée règle de survivance.
Dans l’article source, un projet de nettoyage assisté par IA a permis d’identifier 3 278 fournisseurs en doublon dans une base d’entreprise. Ce type de chiffre doit être présenté comme un exemple de projet et non comme un résultat garanti pour toutes les organisations.
L’enrichissement des données
Le nettoyage ne consiste pas uniquement à supprimer les erreurs. Une bonne solution doit également permettre d’enrichir les fiches fournisseurs avec des informations fiables.
L’enrichissement peut concerner :
- les identifiants légaux ;
- la raison sociale officielle ;
- l’adresse du siège ;
- le statut juridique ;
- l’activité ;
- les liens capitalistiques ;
- les coordonnées bancaires ;
- les contacts vérifiés ;
- les codes d’activité ;
- les indicateurs de risque ;
- les informations relatives à la diversité fournisseurs, lorsque cela est pertinent.
Une base enrichie fournit une meilleure visibilité aux équipes Achats, Finance, Trésorerie et Compliance. Elle peut également améliorer la qualité des analyses de dépenses et des décisions de segmentation fournisseurs.
La surveillance continue et les alertes
Un audit ponctuel peut améliorer la qualité de la base à un instant donné. Cependant, les données recommencent à évoluer dès qu’un nouveau fournisseur est ajouté ou qu’un fournisseur existant modifie ses informations.
La surveillance continue permet de détecter des changements tels que :
- l’ajout d’un nouveau compte bancaire ;
- la modification de coordonnées bancaires ;
- un changement de raison sociale ;
- la fermeture d’une société ;
- un changement de statut juridique ;
- une modification d’adresse ;
- l’apparition d’un risque réglementaire ;
- une évolution des informations de contact.
Les alertes doivent être adressées aux bonnes équipes et hiérarchisées selon leur niveau de risque. Une solution efficace ne doit pas simplement générer un grand volume de notifications. Elle doit aider les équipes à distinguer les changements nécessitant une action de ceux qui peuvent être traités automatiquement.
Trustpair met en avant l’audit continu, les enrichissements et les suggestions de correction pour maintenir la qualité des données fournisseurs dans le temps.
Quelles sont les bonnes pratiques de gestion des données fournisseurs ?
Quels champs contrôler lors de l’onboarding ?
Au minimum, chaque nouveau fournisseur devrait faire l’objet d’un contrôle portant sur :
- la raison sociale et l’identifiant légal ;
- l’adresse enregistrée ;
- les coordonnées bancaires ;
- l’appartenance du compte bancaire au fournisseur ;
- l’adresse e-mail et le domaine utilisé ;
- le statut de l’entreprise ;
- les éventuelles sanctions ou alertes de risque ;
- les informations fiscales applicables.
En France, les données SIREN, SIRET et TVA intracommunautaire peuvent être importantes selon le contexte. Pour les équipes internationales, les identifiants et les sources de référence doivent être adaptés à chaque pays.
Tout champ critique qui n’est pas vérifié au moment de l’intégration peut devenir une source d’erreur ou de fraude par la suite. La sécurisation de l’ajout et de la modification des données fournisseurs permet d’intégrer ces contrôles plus tôt dans le processus.
Comment répartir les responsabilités ?
La qualité des données ne peut pas reposer sur une seule équipe. Il est préférable de définir des responsabilités claires.
- Data Steward : définit les règles, contrôle les standards, valide les évolutions et coordonne la qualité du référentiel.
- Data Owner : est responsable de l’exactitude des données sur un périmètre donné, par exemple une business unit ou une catégorie de fournisseurs.
- Administrateur système : gère la configuration, les intégrations, les droits d’accès et les paramètres techniques.
Cette organisation doit être complétée par des procédures de validation, une piste d’audit et des règles d’escalade lorsque les données ne peuvent pas être confirmées automatiquement.
Le workflow en trois phases
1. Nettoyer l’existant
Commencez par auditer la base actuelle. Identifiez les erreurs, les doublons, les données obsolètes et les champs manquants. Validez ensuite les informations critiques auprès de sources fiables et corrigez les fiches concernées.
2. Sécuriser l’entrée des données
Les nouveaux fournisseurs et les demandes de modification doivent être contrôlés avant leur intégration dans l’ERP. Cette étape permet d’éviter que de nouvelles erreurs ne viennent dégrader le référentiel après le nettoyage initial.
3. Maintenir la qualité dans le temps
Mettez en place une surveillance continue, des alertes et des cycles d’enrichissement. L’objectif est de détecter les changements importants avant qu’ils n’aient un impact sur les paiements, les analyses ou les processus internes.
Quelles sont les solutions de nettoyage de données fournisseurs disponibles ?
Le marché se divise principalement en deux catégories :
- les solutions spécialisées dans la sécurité des paiements, la gestion des fournisseurs et les processus Procure-to-Pay ;
- les suites de Master Data Management, conçues pour gérer plusieurs domaines de données, comme les clients, les produits et les fournisseurs.
Il existe également des outils généralistes de nettoyage de données, comme OpenRefine, ainsi que des solutions spécialisées dans certains environnements CRM ou ERP.
Le bon choix dépend de vos priorités. Une entreprise qui cherche à sécuriser ses paiements et son onboarding fournisseurs n’aura pas nécessairement les mêmes besoins qu’une organisation qui souhaite gouverner l’ensemble de ses données clients, produits et fournisseurs.
Comparaison indicative
| Solution | Cas d’usage principal | Surveillance continue | Vérification bancaire internationale | Intégration ERP |
|---|---|---|---|---|
| Trustpair | Sécurité P2P, données fournisseurs et contrôle des coordonnées bancaires | Oui, selon le périmètre déployé | Oui, couverture à confirmer selon les pays et les sources | Oui |
| apexanalytix | Gestion du référentiel fournisseurs, contrôle AP et récupération de dépenses | Oui | À évaluer selon les pays et les données disponibles | Oui |
| PaymentWorks | Identité fournisseurs et onboarding, notamment aux États-Unis | Oui | Principalement orientée vers son périmètre de couverture | Oui |
| Informatica, Stibo, Reltio, Profisee | MDM d’entreprise et gouvernance multi-domaines | Configurable | À compléter avec des solutions spécialisées si nécessaire | Oui |
| Verdantis | Normalisation des données MRO et des achats indirects | Variable | Non centré sur ce besoin | Oui |
Cette comparaison doit être considérée comme un point de départ. Les fonctionnalités, les pays couverts, les connecteurs et les conditions commerciales évoluent régulièrement. Il est préférable de demander une démonstration structurée et une matrice de comparaison actualisée avant de choisir une solution.
Quels modèles tarifaires comparer ?
Les solutions de nettoyage et de fiabilisation peuvent être proposées selon plusieurs modèles :
- abonnement SaaS basé sur le nombre de fournisseurs ;
- abonnement basé sur le nombre d’utilisateurs ;
- tarification à l’usage, par contrôle ou par appel API ;
- contrat entreprise sur mesure ;
- projet de nettoyage initial suivi d’un abonnement de surveillance ;
- pilote ou preuve de concept facturé séparément.
Demandez toujours le coût total, incluant :
- l’implémentation ;
- l’intégration avec les ERP et outils achats ;
- la migration des données ;
- la formation ;
- le support ;
- les contrôles récurrents ;
- les éventuels coûts par fournisseur ou par validation.
Trustpair, une solution de fiabilisation conçue pour les équipes P2P
Lorsque l’objectif principal est de disposer de données fournisseurs propres, vérifiées et directement utilisables pour sécuriser les paiements, Trustpair propose une approche spécialisée autour des processus Procure-to-Pay.
Contrairement aux plateformes MDM généralistes, la solution est conçue pour répondre aux problématiques spécifiques des équipes Achats, Finance, Comptabilité fournisseurs, Trésorerie et Master Data Management :
- données bancaires obsolètes ou frauduleuses ;
- erreurs dans le référentiel fournisseurs ;
- manque de visibilité sur les changements ;
- contrôles manuels et dispersés ;
- intégration avec les ERP et les outils achats ;
- besoin de traçabilité sur les décisions de paiement.
Que permet Trustpair ?
Trustpair met notamment en avant les fonctionnalités suivantes :
- audit et nettoyage du référentiel fournisseurs ;
- détection des doublons et incohérences ;
- enrichissement des données entreprises et bancaires ;
- vérification de l’appartenance des comptes bancaires ;
- suggestions de correction ;
- surveillance des changements ;
- alertes destinées aux équipes concernées ;
- intégration aux outils ERP, achats et trésorerie.
La solution de nettoyage et d’enrichissement de la base fournisseurs constitue le point d’entrée le plus adapté pour ce besoin.
Quelles intégrations sont disponibles ?
Selon les environnements, les contrôles peuvent être intégrés directement dans les processus existants grâce à :
- des connecteurs ERP et achats ;
- une API REST ;
- des échanges SFTP ;
- des traitements par lots ;
- une application web.
Trustpair dispose de pages dédiées à plusieurs environnements, notamment SAP ECC6, SAP Ariba, Coupa, Ivalua et l’API Trustpair.
Avant de sélectionner un connecteur, vérifiez :
- les versions prises en charge ;
- les données échangées ;
- le sens des flux ;
- les délais de synchronisation ;
- les règles de validation disponibles ;
- la gestion des exceptions ;
- les modalités de reprise des données corrigées dans l’ERP.
Sécurité et certifications
Les informations relatives à la sécurité doivent être présentées avec précision.
ISO/IEC 27001 correspond à une certification de système de management de la sécurité de l’information. Les rapports SOC 1 et SOC 2 sont des rapports d’attestation, et non des certifications au sens strict.
Trustpair communique sur ses dispositifs de sécurité et ses rapports SOC 2 Type 2, SOC 1 Type 2 et ISO 27001. La formulation finale doit toutefois être vérifiée par les équipes concernées, notamment pour confirmer le périmètre, la période de validité et les systèmes couverts.
Exemple client : Decathlon
Selon l’étude de cas publiée par Trustpair, Decathlon a identifié plus de 6 505 erreurs et anomalies dans un référentiel de plus de 22 000 tiers, puis a travaillé à sa fiabilisation sur une période de quatre mois.
Cet exemple doit être présenté comme un résultat issu d’une étude de cas client Trustpair. Il est préférable d’éviter d’affirmer qu’une solution « élimine le risque de fraude » ou garantit à elle seule la conformité à la loi Sapin II.
Formulation recommandée :
Selon l’étude de cas publiée par Trustpair, Decathlon a réduit plus de 6 505 erreurs et anomalies dans son référentiel fournisseurs en quatre mois, renforçant ainsi ses contrôles et la fiabilité de ses données tiers.
Comment choisir entre les différentes solutions ?
Les fonctionnalités indispensables
Une solution devrait au minimum proposer :
- une surveillance continue ou des contrôles récurrents ;
- la validation des données bancaires dans les pays concernés ;
- l’identification des doublons ;
- l’enrichissement des données ;
- une intégration avec les ERP ou les outils achats ;
- une piste d’audit complète ;
- des droits d’accès adaptés ;
- des contrôles de sécurité documentés.
Les fonctionnalités différenciantes
Vous pouvez ensuite comparer :
- la profondeur et la fraîcheur des sources externes ;
- la qualité du rapprochement exact et approximatif ;
- les règles de survivance ;
- la gestion des alertes ;
- la facilité de traitement des exceptions ;
- la couverture des pays et des banques ;
- la rapidité des contrôles ;
- la qualité des suggestions de correction ;
- la capacité à gérer la SIRETisation ;
- les fonctionnalités de visualisation et d’analyse.
Les critères d’implémentation et de scalabilité
Posez également les questions suivantes :
- La solution peut-elle gérer l’ensemble de votre population fournisseurs ?
- Prend-elle en charge plusieurs ERP et plusieurs filiales ?
- Quel est le délai moyen de mise en production ?
- Le fournisseur propose-t-il un pilote ou une preuve de concept ?
- Les traitements en masse et les contrôles en temps réel sont-ils disponibles ?
- Comment sont gérés les fournisseurs internationaux ?
- Quelles équipes doivent être mobilisées ?
- Quel niveau de support est inclus ?
Comment mener un projet de nettoyage de la base fournisseurs ?
Phase 1 : définir le périmètre et établir un état des lieux
Pendant les premières semaines, définissez :
- les objectifs métier ;
- les filiales concernées ;
- les ERP et outils à connecter ;
- la population fournisseurs ;
- les pays couverts ;
- les rôles et responsabilités ;
- les indicateurs de départ.
Réalisez ensuite un audit initial pour mesurer le taux d’erreur, le volume de doublons, le taux de complétude et le nombre de fiches nécessitant une validation.
Phase 2 : nettoyer les données existantes
Traitez la base fournisseurs en plusieurs étapes :
- identifier les doublons ;
- standardiser les formats ;
- corriger les informations incomplètes ;
- vérifier les identifiants légaux et fiscaux ;
- contrôler les coordonnées bancaires ;
- enrichir les données ;
- faire valider les corrections par les responsables métiers ;
- réinjecter les données corrigées dans les systèmes concernés.
Phase 3 : organiser des cycles de validation
Commencez par les fournisseurs actifs et ceux qui représentent les plus gros volumes de paiement. Traitez ensuite les autres populations par vagues.
Documentez les cas qui nécessitent une intervention humaine, ainsi que les règles d’escalade et les décisions prises.
Phase 4 : mettre en place une surveillance continue
Une fois le nettoyage initial terminé :
- activez les contrôles récurrents ;
- configurez les alertes ;
- planifiez les enrichissements ;
- définissez les responsables du traitement ;
- mesurez régulièrement les indicateurs ;
- comparez les résultats avec l’état des lieux initial.
L’objectif n’est pas de considérer la base comme définitivement nettoyée, mais de mettre en place un processus qui limite la réapparition des erreurs.
Comment intégrer une plateforme de nettoyage aux ERP et outils P2P ?
Les connecteurs natifs
Les connecteurs natifs permettent d’intégrer les contrôles dans les interfaces déjà utilisées par les équipes.
Par exemple, lorsqu’un collaborateur crée un fournisseur dans SAP ou modifie ses coordonnées bancaires, le contrôle peut être déclenché directement dans le processus existant. Cela limite les exports, les fichiers intermédiaires et les changements d’outil.
L’intégration par API
Une API permet d’échanger des données en temps réel ou à intervalles réguliers avec des ERP, des applications achats ou des outils développés en interne.
Cette approche est particulièrement utile lorsque :
- l’entreprise utilise un ERP ancien ou personnalisé ;
- plusieurs systèmes doivent être synchronisés ;
- les données sont centralisées dans un data lake ;
- les contrôles doivent être intégrés dans une application métier.
Les échanges par fichiers
Les échanges SFTP ou les traitements par lots peuvent convenir aux environnements qui ne disposent pas d’API ou qui préfèrent une intégration basée sur des fichiers sécurisés.
Quel que soit le mode d’intégration choisi, la formation des équipes reste importante. Les utilisateurs doivent savoir interpréter les résultats, traiter les exceptions, documenter leurs décisions et utiliser la piste d’audit.
Quel est le retour sur investissement d’un projet de fiabilisation des données fournisseurs ?
Le retour sur investissement peut être évalué à partir de plusieurs catégories de bénéfices.
La réduction du temps consacré aux contrôles manuels
L’automatisation peut réduire le temps consacré :
- aux rappels de confirmation ;
- aux recherches de données ;
- aux rapprochements ;
- au traitement des exceptions ;
- aux corrections dans plusieurs systèmes.
Le gain réel dépend du volume de fournisseurs, du nombre de changements, du niveau d’automatisation et de l’organisation existante. Il est donc préférable de mesurer le temps consacré avant et après le projet plutôt que de reprendre une promesse générique de réduction.
La diminution des doublons et des paiements en double
La suppression des doublons peut améliorer :
- la qualité des analyses de dépenses ;
- la visibilité sur les relations fournisseurs ;
- la fiabilité des reportings ;
- la détection des paiements en double ;
- la maîtrise du référentiel.
Chaque doublon ne correspond pas nécessairement à une perte financière, mais il augmente la complexité opérationnelle et peut créer un risque de surpaiement.
La réduction du risque lié aux projets ERP
Un projet de migration qui importe des données obsolètes ou incohérentes risque de reproduire les problèmes existants dans le nouvel ERP.
Nettoyer la base avant la migration peut contribuer à :
- réduire le nombre d’exceptions ;
- simplifier les règles de reprise ;
- améliorer la qualité des tests ;
- faciliter la validation par les métiers ;
- limiter les corrections après le démarrage.
La maîtrise des risques de fraude et de conformité
La vérification des coordonnées bancaires, la surveillance des changements et la traçabilité des décisions peuvent renforcer le dispositif de contrôle interne.
Elles ne remplacent toutefois pas les autres mesures de prévention de la fraude, comme la séparation des tâches, les procédures de rappel, la sensibilisation des équipes et la validation des demandes sensibles.
Quels indicateurs suivre pour mesurer la qualité du référentiel ?
| KPI | Définition | Objectif indicatif |
|---|---|---|
| Taux de doublons | Pourcentage de fiches fournisseurs correspondant à un autre enregistrement | < 0,5 % |
| Taux de complétude | Pourcentage de champs obligatoires renseignés pour les fournisseurs actifs | > 95 % |
| Taux de validation bancaire | Pourcentage de comptes fournisseurs actifs ayant fait l’objet d’un contrôle | 100 % des comptes concernés |
| Délai de mise à jour | Temps entre une modification fournisseur et sa répercussion dans l’ERP | < 24 heures |
| Délai de correction | Temps moyen nécessaire pour traiter une anomalie signalée | < 3 jours ouvrés |
| Taux d’alertes traitées | Pourcentage d’alertes examinées dans le délai défini | Selon le niveau de risque |
| Taux de fournisseurs contrôlés à l’onboarding | Pourcentage de nouveaux fournisseurs contrôlés avant création dans l’ERP | 100 % des nouveaux fournisseurs |
Ces objectifs doivent être adaptés à la maturité de l’entreprise, à son secteur et à ses contraintes opérationnelles.
Checklist avant de choisir une solution
Fonctionnalités
- La solution inclut-elle une surveillance continue ?
- Permet-elle d’identifier les doublons ?
- Peut-elle corriger, standardiser et enrichir les données ?
- Vérifie-t-elle les identifiants légaux et fiscaux ?
- Contrôle-t-elle les coordonnées bancaires et leur appartenance au fournisseur ?
- Les contrôles sont-ils disponibles dans les pays où vous opérez ?
- Les résultats sont-ils explicables et traçables ?
Intégration
- La solution s’intègre-t-elle à votre ERP ?
- Des connecteurs sont-ils disponibles pour vos outils achats et trésorerie ?
- Une API ou des échanges SFTP sont-ils proposés ?
- Les données corrigées peuvent-elles être réinjectées dans vos systèmes ?
- Les règles d’accès et les flux de données sont-ils documentés ?
Déploiement
- Un audit initial est-il inclus ?
- Un pilote peut-il être réalisé sur une population représentative ?
- Quels indicateurs permettront de mesurer le succès ?
- Quelle est la durée estimée de mise en œuvre ?
- Quelles équipes doivent participer au projet ?
- Quelle formation est prévue pour les Data Stewards et les utilisateurs ?
Sécurité et conformité
- Le fournisseur dispose-t-il de certifications ou de rapports de sécurité à jour ?
- Quel est le périmètre exact des certifications et rapports ?
- Comment les données sont-elles protégées ?
- Quelle est la durée de conservation des données ?
- Les modifications sont-elles historisées ?
- Les exigences liées au RGPD sont-elles documentées ?
Coûts
- Quel est le coût par fournisseur ou par contrôle ?
- Quels sont les frais d’implémentation ?
- Quel est le coût des intégrations ?
- Le support est-il inclus ?
- Le prix évolue-t-il avec le nombre de fournisseurs ou d’utilisateurs ?
- Le pilote est-il facturé séparément ?
- Quelle est la durée d’engagement ?